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Des silhouettes, des visages dans la pénombre, des regards voilés, les images de Catherine Larré sont chacune une exploration délicate, subtile, de paysages mental, où les êtres sont comme des apparitions, fragiles, égarées dans un songe.

Parfois une chevelure au premier plan évoque cet état de conscience particulier, à la frontière de l’éveil et du sommeil, où, immobile on assiste impuissant au film mystérieux de nos rêves.

Sans doute dans ces photos le mystère tient-il aussi à cette lumière si singulière qui ne dévoile pas les choses, mais au contraire les trouble.

Diurne, elle fait irruption sur ces modèles pour irradier les corps, éblouir les visages, voiler l’image.

Nocturne, la lumière est si sourde que les regards peinent à émerger de l’ombre dont ils semblent être prisonniers.

Il y a quelque chose de l’ordre du surnaturel dans cet univers, pourtant ici rien de menaçant. On se sent plongé dans une lenteur particulière, mélancolique qui nous rappelle aussi nos rêveries d’enfance où l’inquiétude se mêle à une certaine douceur.

Catherine larré parvient à nous replonger dans ces sensations-là, elle nous entraîne à prendre le temps de sentir la chaleur d’un rayon de soleil, de s’émerveiller de la rosée qui perle sur une toile d’araignée, on se laisse bercer par cette eau caressante, en humant les yeux mi-clos un bouquet d’Iris. Le temps se dilate, des instants suspendus, en silence avec un petit parfum d’éternité.

Olivier Panchot

 

Outlines of figures, faces in half-light, veiled glances, each of Catherine Larré’s pictures cmnstitutes a delicate, subtle exploration of mental landscapes, where characters are like apparitions, fragile, misled in a dream.

Sometimes a head of hair in the foreground calls to mind that special state of consciousness, at the edge between sleep and awakening, where, motionless and powerless, we see the mysterious film of our dreams.

Doubtless in these photographs the mystery is also due to a strange light, that does not reveal objects, but rather shrouds them in mist. In the daytime, that light floods models, irradiates bodies, dazzles faces, veils images.

At night, it is so muted that light rays hardly emerge from the shadow of which they seem to be prisoners.

There is something in the order of the supernatural in that universe, but nothing threatening. One feels sunken into a special, melancholic slowness that also recalls childhood rêverie, where anxiety is mixed with gentleness.

Catherine Larré succeeds in taking us back into that type of sensations, she induces us to take the time to feel the heat of a sun ray, to marvel at dew drops on a spider’s web. Let that caressing water rock you, while inhaling an iris bouquet, eyes half-shut.

Time expands, instants are suspended in silence, with a tiny perfume of eternity.

Olivier Panchot

 
 
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